SOCIÉTÉ : STATUT ''COCOTTE MINUTE'' DIT "UNIFIÉ" DES ENSEIGNANTS AU MAROC
Nonobstant, depuis 2016, des attentes ! On attendait quelque chose de la part de Monsieur Godot, qui n'a jamais tenu à ses promesses faisant toujours la sourde oreille face à une multitude de mobilisations, de grèves et de revendications justes et réglementaires – souvent heurtées à la violence et à des arrestations arbitraires, en plus des retenues sur les salaires comme punition. De maigres salaires des manifestants et grévistes !
Est-ce ainsi que nous pouvons promouvoir ce secteur vitale considéré comme locomotive de progrès des pays et garantir la dignité de nos enseignants ?
Rappelons que l'objectif du Nouveau modèle de développement au Maroc (2021) visait à "libérer les énergies et restaurer la confiance pour accélérer la marche vers le progrès et la prospérité pour tous", et en ce qui concerne l'éducation, à "améliorer les ressources humaines en charge et moderniser les établissements éducatifs".
Certes, après de nombreuses grèves et marches pacifiques menées par les professeurs contractuels ou cadres des académies, à chaque fois sous une nouvelle appellation inclus dans le Budget de fonctionnement des académies régionales (budget ou rubrique attribuée au matériel et fournitures tels que cartables et tables...), et non dans la Loi des Finances du Ministère de l’Education Nationale allouée au Budget général annuel de ses fonctionnaires ou ressources humaines ! Aussi pouvons-nous considérer ces Professeurs contractuels de simples ouvriers dans une entreprise privée non déclarés !
En bref, malgré les éclaircissements officiels du Responsable de tutelle du secteur, une semaine à peine après sa publication au Bulletin Officiel, des mécontentements, des protestations, des sit-in et des grèves ont éclatés. C'est là l'atmosphère qui règne dans les établissements scolaires où vivent les enseignants et les parents d'élèves. À cela s'ajoute un certain nombre de difficultés, telles que le mal-être, le stress, le sentiment d'insécurité, la dévalorisation et la mauvaise qualité de vie des enseignants marocains.
En fait, ce statut cocotte-minute dit "unifié" suscite de la colère non pas seulement de la part du corps enseignant, mais également de la part des centrales syndicales signataires qui rejettent ce statut à cause de l’approche unilatérale adoptée par le Responsable du secteur sans tenir compte des observations formulées par les formations syndicales les plus représentatives., rapporte certaines sources médiatiques nationales.
Aussi, la majorité du corps enseignant marocain y compris les Professeurs Contractuels (le groupe le plus lésé) appellent-ils le gouvernement et le ministère de tutelle à œuvrer pour la révision (ou modification) dudit statut fortement contesté et refusé; et donc faire à inclure les Contractuels dans le statut de la Fonction publique à l’instar des autres catégories du secteur, à généraliser les indemnités pour tous, et surtout à réhabiliter à la fois l'Enseignant et l'Ecole publique marocains.
Néanmoins, la rentrée scolaire 2023-24 s'annonce houleuse, et l'on se demande comment sera la situation dans nos établissements scolaires juste après les vacances d'octobre en cours. Il semble que les enseignants, toujours en colère, vont se mobiliser pour obtenir satisfaction de leurs revendications justes et légales matérielles et morales.
Enfin, mettre fin au durcissement et au bras de fer entre les deux parties nécessite davantage de sagesse et de volonté pour sauver l’année scolaire présente et les années à venir. Il y va de l'intérêt général de tous, de l'administration aux professeurs, en passant par les élèves et leurs parents. C'est ainsi que nous pouvons œuvrer au développement durable de notre pays et de sa stabilité, et par conséquent à la réhabilitation de l'école publique et garantir la dignité et la valorisation du métier de l'éducation au Maroc.
23 Octobre 2023.

Commentaires
Enregistrer un commentaire