Articles

LA TARTE DU POUVOIR : ADVERSAIRES D’HIER PEUVENT DEVENIR PARTENAIRES DEMAIN

Image
LA TARTE DU POUVOIR : ADVERSAIRES D’HIER PEUVENT DEVENIR PARTENAIRES DEMAIN  « En politique, il n’y a pas d’ennemis permanents ni d’amis permanents, il n’y a que des intérêts permanents. » - Churchill (1). Les adversaires d’hier peuvent devenir les partenaires de demain ? Le rideau n’est pas encore tombé. Les négociations se poursuivent et, dans les coulisses du pouvoir, les masques changent, les mains se tendent et les flèches d’hier se transforment, comme par enchantement, en poignées de main. Hier adversaires, aujourd’hui partenaires de négociation : les formations politiques, de droite comme de gauche, se retrouvent autour de la même table. Chacune cherche à arracher sa place dans la future majorité et, surtout, à décrocher sa part de la tarte ministérielle. Le futur gouvernement ne sera constitué qu’après l’ouverture du Parlement par Sa Majesté le Roi, le Vendredi 9 octobre 2026 conformément à l'article 65 de la Constitution.  D’ici là, les consultations se poursuivent et...

LE MAKHZEN A TRIOMPHÉ : LA VICTOIRE DU SYSTÈME SUR LES ASPIRATIONS AU CHANGEMENT

Image
LE MAKHZEN A TRIOMPHÉ : LA VICTOIRE DU SYSTÈME SUR LES ASPIRATIONS AU CHANGEMENT Les élections législatives du 23 septembre 2026 ont été marquées par une participation limitée officiellement à 38,08 %, une abstention massive, des suffrages blancs ou nuls, des interrogations sur l’usage de l’argent en politique et la perspective historique d’une femme à la tête du gouvernement. Derrière la recomposition des forces parlementaires, c’est la question de la légitimité démocratique qui demeure posée.  Une victoire électorale sur fond de désaffection populaire Le Makhzen a triomphé. Mais derrière la victoire électorale du Parti authenticité et modernité (PAM), arrivé en tête du scrutin du 23 septembre 2026, se dessine une réalité politique qui mérite d’être examinée au-delà des résultats proclamés : celle d’un système qui parvient à préserver ses équilibres, tandis qu’une partie importante de la population semble se détourner des urnes et des formations politiques. Le taux de participatio...

USFP MAROC : APRÈS LA DÉBÂCLE ÉLECTORALE DE 2026, DÉCEPTION, FRUSTRATION ET ESPÉRANCE

Image
 USFP MAROC : APRÈS LA DÉBÂCLE ÉLECTORALE DE 2026, DÉCEPTION, FRUSTRATION ET ESPÉRANCE La débâcle électorale, du 23 septembre 2026, ne saurait être considérée comme un simple accident de parcours. Elle soulève des interrogations fondamentales sur le fonctionnement interne de l’USFP, son ancrage populaire, sa démocratie interne et sa capacité à renouer avec les aspirations des citoyens. La démission du Premier secrétaire et de son équipe dirigeante apparaît ainsi, aux yeux de nombreux militants critiques, comme une exigence politique et morale. Car ce désaveu électoralé pose désormais la question de la responsabilité politique de Driss Lachgar. Elle permettrait d’ouvrir la voie à un congrès extraordinaire, véritablement démocratique, chargé de renouveler les instances. Toutefois, il ne s’agit pas simplement de changer des hommes, mais de rompre avec des pratiques qui ont progressivement éloigné l’USFP de ses bases militantes et de sa vocation historique. La reconstruction exige une ...

280 MILLIARDS DE DIRHAMS, OÙ SONT-ILS PASSÉS ?

Image
  🔴 TRANSPARENCY MAROC DEMANDE DES COMPTES : 280 MILLIARDS DE DIRHAMS,  OÙ SONT-ILS PASSÉS ? Le côté positif, pour le moins inattendu, de la campagne électorale de 2026 réside peut-être dans les échanges d’accusations entre les composantes de l’actuelle coalition gouvernementale (RNI, PAM et L'istiqlal). En se renvoyant la responsabilité des dysfonctionnements, en révélant au passage des dossiers et des pratiques jusque-là peu connus du grand public, les uns et les autres semblent lever, malgré eux, un coin du voile sur les coulisses de l’exercice du pouvoir. Chacun cherche à se présenter en défenseur de l’intérêt général, en gestionnaire irréprochable et, surtout, avoir les mains propres. Mais cette guerre de déclarations soulève une question essentielle : si tous prétendent n’avoir rien à se reprocher, qui assume alors la responsabilité de ce qu’ils dénoncent eux-mêmes ? Le chiffre donne le vertige : 280 milliards de dirhams auraient été consacrés, au cours des cinq dernièr...

DE LA POLLUTION DES RUES À LA POLLUTION DE LA VIE PUBLIQUE

 DE LA POLLUTION DES RUES À  LA POLLUTION DE LA VIE PUBLIQUE La campagne électorale bat son plein. Les partis politiques présentant leurs candidats et exposant leurs programmes - s'il y en a ! -  courent les rues des villes et villages Mais il y a quelque chose de profondément symbolique dans le spectacle que nous offrent nos rues et places publiques pendant les campagnes électorales. À peine distribués, tracts, brochures et prospectus sont abandonnés sur les trottoirs, dans les caniveaux, aux pieds des commerces et jusque dans les espaces verts. Le candidat promet une ville propre, moderne et bien gérée ; sa propagande, elle, contribue parfois à la transformer en décharge à ciel ouvert. Mais cette pollution matérielle n'est-elle pas, au fond, le reflet d'une autre pollution, beaucoup plus difficile à nettoyer ? La rue se couvre de papier comme la vie politique se couvre de promesses. Les trottoirs s'encombrent de tracts comme l'espace public s'encombre de sloga...

ÉCOLES PIONNIÈRES : LE TERRAIN INTERPELLE LE SYSTÈME ÉDUCATIF MAROCAIN

Image
 ÉCOLES PIONNIÈRES : LE TERRAIN INTERPELLE  LE SYSTÈME ÉDUCATIF MAROCAIN “Un véritable système éducatif n'impose rien à celui qui instruit, mais lui permet d'avoir accès à ce dont il a besoin”. - Ivan Illich (1). Entre la contestation syndicale presque unanime des enseignants à l’échelle nationale, illustrée notamment par celle du lycée Ksar Sghir, à Fahs-Anjra, et le constat sans complaisance dressé par PISA 2025 (2), une même interrogation s’impose : où va réellement l’école publique marocaine ? Le calendrier scolaire aurait difficilement pu être plus symbolique. Au moment où le Maroc entend poursuivre et élargir son expérience des « Écoles pionnières », les résultats de la dernière enquête internationale PISA viennent rappeler, avec une brutalité statistique, l’ampleur du défi auquel demeure confronté le système éducatif national.  En effet, les responsables tentent d’ériger les « écoles de référence » ou écoles pionnières en symbole d’une réforme ambitieuse, tentant...

DE L’ENGAGEMENT POLITIQUE À L’INVESTISSEMENT ÉLECTORAL

Image
 DE L’ENGAGEMENT POLITIQUE À L’INVESTISSEMENT ÉLECTORAL À quoi bon demander au citoyen de voter si, avant même le scrutin, certains décident déjà comment se partager la tarte ?   La question peut paraître provocatrice. Elle ne l’est pourtant pas lorsqu’on observe les dérives qui peuvent entourer, dans certains cas, les investitures partisanes, les fameuses « tazkiyat », à l’approche des échéances électorales. En démocratie, l’investiture devrait être un acte politique majeur. Elle devrait consacrer un militant, un cadre ou une personnalité dont les compétences, l’intégrité, l’engagement et la capacité à défendre le programme du parti justifient la confiance qui lui est accordée. Mais lorsque l’argent, les relations personnelles, les réseaux d’influence ou le clientélisme prennent le dessus sur le mérite et l’engagement, la tazkiya risque de perdre sa vocation politique pour devenir une marchandise électorale : convoitée, négociée et, selon certaines accusations, monnayée. De l...