LA CRISE DE L'ENSEIGNEMENT PUBLIC AU MAROC
Le système éducatif public
marocain est en crise ! Il demeure malade des politiques et stratégies de ses
gestionnaires, souvent ignorants de la réalité du secteur, qui n'ont fait
d'aggraver ses malaises et dysfonctionnements dont souffre depuis des
décennies. Diverses initiatives de réformes furent proposées pour redresser ce
secteur vital, mais sans issue et à chaque fois échec ! Ainsi se sont
succédés des gouvernements et des ministres sans jamais réussir à mettre le
secteur d'enseignement sur les rails et sur la bonne voie. C'est d'ailleurs le
cas du dernier statut dit ''unifié'' proposé et imposé de force aux
corps enseignant bien que rejeté dans sa totalité par les
enseignants, les syndicats et différents intervenants.
Aussi
des vagues de protestations, de sit-in et de grèves éclatent-elles et des
établissements scolaires se trouvent-elles en panne, paralysés ! Aussi des
milliers d'élèves sont-ils sans scolarité ce qui a poussé leurs parents à se
manifester et exprimer leur soutien aux enseignants dans leurs luttes justes
et légales et leur indignation pour l'attitude d'indifférence et de
l'oreille sourde du ministre de tutelle !
A
savoir que le Gouvernement, en la personne de son Chef Aziz Akhnouch, a
retiré le dit Dossier relatif au Statut des enseignants
rejeté des mains du ministre de tutelle Chakib Benmoussa pour veiller lui-même
à son traitement avec la participation des syndicats les plus représentatifs :
et cela illustre en soi l'échec du département de tutelle à gérer son secteur,
à garantir l'apprentissage et le savoir-faire aux apprenants et la stabilité
morale et matérielle aux enseignants.
Et l'on se demande si le président du Parti du Rassemblements des
Indépendants (RNI) réussirait-il à contenir la colère des protestants décidés à
poursuivre leur mobilisation jusqu'à résolution du problème ! ... De plus,
quels seraient les dessous de ce revirement dans le traitement de ce dossier
épineux qui traîne depuis des années, en particulier celui des professeurs
contractuels qui revendiquent leur intégration au statut de la fonction
publique ?
Quoiqu'il en soit, le Gouvernement et les centrales syndicales ont entamé
leurs réunions le 30 octobre 2023 ; d'autres réunions, semble-t-il, seraient
tenues dans une tentative d'aboutir à un consensus et en vue de converger
leurs efforts en quête des solutions opérationnelles et
efficientes.
Par ailleurs, il est temps de rappeler les engagements du Parti du
Rassemblement des Indépendants (RNI) la veille des dernières élections
législatives sous la devise "Vous méritez mieux", particulièrement en
matière de l'Éducation où il s'engage pour une école publique gratuite de
l'égalité pour tous les enfants via quatre principales mesures qui consistent à
"Revaloriser le métier d'enseignant".
C'est dire que le RNI est d'ores-et-déjà conscient de la situation morale
et matérielle des enseignants et de l'école publique marocaine en général.
Autrement dit, le diagnostic de ce secteur vital est connu. Il est donc temps
de passer à l'action pour prescrire un traitement adéquat et efficace capable
de rendre Vitalité, Espoir et Santé au corps enseignant marocain pour œuvrer à
la construction du capital humain et réhabiliter l'école publique nationale.
Dans ce sens, le cas de Singapour nous interpelle car c'est grâce à
l'enseignement public que ce pays asiatique a pu sortir du sous-développement
socioéconomique et culturel en investissant sur la construction des Cerveaux en
accordant une place honorable à l'enseignant le rehaussant au niveau des hauts
fonctionnaires de l'État !
Mais au Maroc, notre ministre de l'éducation au lieu de reconnaitre son
échec dans la gestion de son département et de prêter l'oreille aux remarques
et conseils des autres, voire des excuses aux parents d’élèves ; et au
lieu d'apaiser les esprits des protestataires enseignants et sit-in des parents
d'élèves, il opte pour la punition par des retenues arbitraires et illégales
sur les maigres salaires des enseignants grévistes !
Finalement, Monsieur Chakib Benmoussa préfère verser de l'huile sur le feu ! Attiser la colère des enseignants et des parents d'élèves, semer des doutes quant à l’enseignement public marocain et faire perdre une année scolaire aux apprenants. Autrement dit, nous pouvons dire que c’est la fin de l’école publique citoyenne marocaine gratuite et une nouvelle ère de l’enseignement privé inaugurant la voie à la privatisation du secteur de l’éducation de l’enseignement au Maroc.
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