DAR R’ZINI – TÉTOUAN : ÉVENTUELLE ATTRACTION TOURISTIQUE EN DÉGRADATION

 


Que de fois, il nous est arrivé d’être fasciné par la beauté accablante d’un paysage ou le chant des oiseaux ou le silence mystérieux de la mer …  

C’est justement ce qui nous est arrivé à la vue des photos d’une ancienne bâtisse aux environs de Tétouan, « Sidi Abdeslem D’Labhar » pas loin de Martil publiées sur les réseaux sociaux (Facebook) … Il s’agit bien de la Maison ou « Dar Rzini », donnant sur la côte méditerranéenne, bâtie au début des années 50 par la famille tétouanaise d’origine andalouse nommée Rzini. 

Pourquoi aborder le sujet de cette ancienne demeure actuellement abandonnée s’effritant en silence et servant de squat (kharba) pour les SDF et usagers de drogues … ?

Pourquoi s’y intéresser ? Personnellement, il s’agit d’un élément constitutif de la campagne des environs de Tétouan pouvant être source d’enrichissement culturel et architectural et une attraction touristique négligée – à compter parmi les autres potentialités locales - qui risque de disparaître avec les mutations de notre société, actes de vandalisme dont il semble être victime (fenêtres et carrelage arrachés ou brisés) et la soif des spéculateurs immobiliers et terriens …

A regarder ces photos (ou mieux s’y rendre sur place), l’on se croirait dans l’une des salles des Palais de L’Alhambra de Grenade ou Séville (Espagne) de par son architecture, ses arcades, son carrelage ou « zellij » et sa décoration en plâtre … En fait, les nantis Tétouanais d’autrefois s’offraient une sorte de résidence secondaire aux environs de la ville pour s’y détendre (Dar N’Zhaha ou Dar Labhar) et s'efforçaient d'y investir des matériaux de construction luxueux locaux ou importés et une architecture souvent de type andalou ...

La question centrale à laquelle nous tentons de trouver une réponse : Pourrions-nous considérer "Dar Rzini" (et d’autres anciennes bâtisses en état d’abandon) patrimoine rural architectural non protégé à restaurer et à protéger bien que, selon l'architecte du patrimoine français Gilles Séraphin, on ne peut pas tout conserver au regard de l'abondance des biens à prendre en compte ? Quels critères retenir ? G. Séraphin tranche : "C'est le concept même de patrimoine qui nous interpelle".

Le patrimoine ? "Tout le monde en parle", écrit Pierrette Guibourdenche (géographe français) qui se demande quels rapports pourrions-nous avoir avec le patrimoine en restaurant d'anciennes bâtisses, ... ? Certes, dans plusieurs pays selon ledit géographe, on souhaite protéger, conserver, restaurer, ... On craint que la civilisation contemporaine, avide de rentabilité, ne laisse disparaître définitivement les traces des sociétés qui nous ont précédées ...

Bref. Il semble que "Dar Rzini" n'obéit pas au concept de patrimoine lequel "désigne un ensemble de biens culturels et naturels présentant un intérêt exceptionnel pour l'héritage commun d’humanité ...". De là, "Dar Rzini" échappe à cette acception. Cet édifice pourrait revêtir un intérêt local ou régional et participer à la promotion du tourisme une fois réhabilité et ouvert devant le public.

En effet, un édifice pareil avec une telle architecture et une telle beauté mérite d'être restauré ...

et pourquoi ne pas être transformé en maison d'hôtes ou hôtel ... ou tout autre institution d'intérêt public tels musé, bibliothèque ou maison de jeunes ... De ce fait, cette construction pourrait participer au développement socioéconomique et culturel de la région.

Dommage qu'un pareil "Bijou", victime de laxisme et de manque d'entretien, soit abandonné, en dégradation continue et dans l'indifférence totale de la famille héritière, des autorités locales ... des associations locales œuvrant dans les domaines de la protection du patrimoine culturel, architectural et naturel et de la protection de l'environnement ... 

L'essentiel pour sa conservation "consiste à s'appuyer sur les caractéristiques de l'existant avant de décider de le renforcer ou de le remplacer" (Olivier Godet, architecte français). 

Espérons que notre Appel puisse trouver un écho auprès des particuliers, éventuels promoteurs-investisseurs dans le secteur touristique et instances concernées.


(*) Cf. "Dar Rzini à  Tétouan, Lamentable dégradation d'un patrimoine culturel & touristique potentiel" in LA DÉPÊCHE DU NORD du 07 septembre 2019 (Art &  Culture, p. 6).

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